Jeune ou vieux, urbain ou campagnard, pourvu d’un budget rondelet ou maigrichon? Un coup d’œil sur le registre des clients de Carvolution ne laisse deviner aucun profil type. Ne restent que les chiffres bruts: en 2020, le nombre d’abonnés aux véhicules de Carvolution a triplé et la tendance se confirme en cette année 2021.

On s’abonne désormais à plein de choses que l’on achetait naguère: des équipements de sport, des tableaux, des meubles. Mais pour l’automobile, tout est un peu plus compliqué car elle doit non seulement être financée et fournie par le loueur, mais aussi entretenue, assurée et réévaluée.

Pour son CEO Olivier Kofler, «Carvolution possède le modèle d’affaires le plus complexe que j’aie jamais vu». Or il en a déjà vu: il était au nombre des cofondateurs des deux entreprises IT les plus prospères, iBROWS et bexio. Après avoir vendu bexio à un assureur, l’entrepreneur de 37 ans s’est mué en business angel, notamment chez Carvolution où il a repris en juillet 2019 le poste de CEO. «L’entreprise était en phase d’expansion et l’équipe a pensé que j’étais l’homme de la situation.»

Depuis son démarrage il y a trois ans, la start-up domiciliée en Haute-Argovie bernoise a récolté 32 millions de francs de capital-risque. S’y est ajouté l’automne dernier un crédit de 50 millions pour financer la flotte. Mais pour assurer le rythme de la croissance, il faut déjà 150 millions de plus. Cet automne encore, Olivier Kofler veut faire démarrer un nouveau véhicule de financement: CV Fleet permettra aux grandes entreprises de «parquer» leur argent dans de bonnes conditions, la flotte de véhicules de Carvolution servant de caution.

Quand il évoque les perspectives de son entreprise, Olivier Kofler s’enthousiasme. Actuellement, à peine 2% des voitures neuves sont destinées à la location. Mais les connaisseurs du marché automobile tablent sur le fait que cette proportion montera à 40% d’ici à 2030. «Et sur ce marché, nous serons l’acteur majeur», assure-t-il.